La rupture sur la question de la sécurité proposée par l’ange Gabriel dans son annonciation à la virginale population annemassienne, au cinéma, un soir de septembre, est un must des prochaines campagnes électorales municipales. Pas une ville n’y échappera.
La rupture relativement à la situation sociale, c’est plus intéressant. Notre ange annonce « Si rien ne change, Annemasse deviendra une ville encore plus qu’inégalitaire. Une ville toujours plus chère, qui étouffe et qui ne maîtrise plus son destin ». L’ennemi est ainsi désigné. Il a dû fumer le tapis.>
Et comment, au fait ? Sachant que la moitié de la population active est frontalière, l’autre moitié la gauche s’en occupe depuis 48 ans et entend bien prolonger l’expérience pour 6 ans. Et sachant en plus qu’à Annemasse 28,9 % est immigrée, c’est-à-dire née étrangère à l’étranger, chiffres de l’INSEE, et qu’en Haute-Savoie 12,2% au moins des personnes sont issues de l’immigration, toujours les chiffres de l’INSEE, qui ne compte pas les clandestins, on peut se demander comment notre futur édile va faire, et surtout si c’est vraiment en son pouvoir. En attendant il vaut mieux se payer de mots, surtout ça ne coûte rien.
Il n’oublie pas de célébrer les 110 nationalités qu’on trouve dans la ville. Ce qui est le faux-semblant de la prétendue diversité, car en réalité la diversité n’est pas si diverse que cela. En gros la population, qui a bien changé, merci la gauche, se divise en deux cultures, presque exclusivement.
On attend aussi les propositions concrètes sur le commerce. Ah ! le commerce. Il meurt. Mais il ne faut pas croire que Dupessey et son équipe en soient les seuls responsables. Eux ne font qu’enfoncer le dernier clou sur le cercueil avec leur phobie de l’automobile. Comment faire donc ? Il faudra une méthode magique. Ce qui est bien dans la magie c’est l’illusion. Un peu de poudre de perlimpinpin, abracadabra et hop ! En avant la musique pendant la quinzaine commerciale, les décibels se déverseront sur les badauds esbaudits.
Ainsi va le monde sous le soleil.
C’est très simple : faites comme à Annemasse et le résultat sera assuré. Ce n’est pas Thonon qui démentira.





On apprend que ses œuvres graphiques à deux balles, que chacun peut produire en dix secondes, sont clouées aux murs, et réservées à l’admiration des foules. Enfin, la foule est surtout celle des enfants des écoles qui sont obligés de visiter ce lieu.




Il ne fallait surtout pas que le « marché » puisse décider de cet espace. Quelle horreur ! Vous imaginez, des socialo-communistes, façon pastèque, qui accepteraient que dans cette matière qui relève du pouvoir, de leur pouvoir, l’infâme marché puisse s’exprimer. Non, il fallait que dans la logique stalinienne, l’organe central, le Politburo local en décide. Alors l’invention s’est donnée libre cours. Un architecte génial, génial parce que surtout il disait de lui qu’il était génial, a proposé au conseil municipal des bâtiments aux façades verdoyantes, débordant de plantes et de fleurs. Et ça a marché. Les élus, bouche bée, ont voté son projet, le projet du promoteur retenu pour la ZAC.
Puis est venue la gueule de bois du lendemain qui devait chanter éternellement, mais déchante cruellement. Pas une plante. Des façades tristes, qui se dégradent. Une zone.Toute la question est de savoir si les élus, leurs « services », remplis de bureaucrates, font mieux que les intiatives privées. Que se serait-il passé si l’espace de Chablais Parc avait été laissé à l’initiative de ses propriétaires ? Petit à petit, au rythme où s’édifient les villes, les vides se seraient comblés. Naturellement.